« Quand le Covid-19 sera derrière nous, je crains qu’on oublie de nouveau les vieux »

Catherine , 82 ans

Rapport parlementaire  » Bien vieillir en Wallonie « 

l’objectif principal de ce groupe de travail parlementaire est de…

tirer les enseignements de la crise et d’identifier, au travers du spectre de l’habitat (pris au sens large), les conditions du bien vieillir « chez soi » et de ne jamais oublier la période que nous avons vécu.

Le vieillissement de la population constitue l’un des bouleversements les plus importants du XXIe siècle.

On estime que la part de la population âgée de 80 ans et plus devrait plus que doubler entre 2017 et 2050, passant de 4,6% à 10,1% dans les pays de l’OCDE.

De la même manière, il est projeté qu’en Wallonie la part des 80 ans et plus passera de 5,1 % en 2021 à 11,3 % en 2071 (IWEPS, 2020).

Cette évolution démographique a des implications considérables à de nombreux niveaux et génère d’immenses défis économiques, sociaux et environnementaux. De nouvelles préoccupations naissent et questionnent la capacité des sociétés à faire face à cette mutation démographique.

Parmi les enjeux majeurs du vieillissement, il y a la question des établissements d’hébergement de longue durée (maisons de repos et de soins – MR/MRS).

Ce secteur a été tout particulièrement touché par la pandémie de la Covid-19. Jamais la prise en charge du vieillissement en institution d’hébergement n’avait fait l’actualité de manière aussi négative qu’en ce début de pandémie. La crise du secteur privé et plusieurs reportages/documentaires récents n’ont fait qu’accentuer ce phénomène.

Tous ces éléments ont dévoilé certaines défaillances dans le fonctionnement de certaines maisons de repos et le fait que ces lieux étaient trop souvent assimilés à des lieux d’enfermement et de contrainte pour les résidents.

Les images de résidences aux allures de mouroir, de résidents isolés (avec peu, voire pas, de visites), de personnel débordé, mais aussi, les questions sur le bien-être, l’accompagnement de la fin de vie ou le bien-vieillir ont défilé très régulièrement dans les médias et dans les sphères politiques.

Ces images (par ailleurs déjà antérieures à la crise sanitaire) ont amené beaucoup de responsables et citoyens à se promettre « de ne pas finir dans un endroit comme cela » et à initier une refonte du modèle actuel.

Ces questionnements autour des maisons de repos ne sont d’ailleurs pas nouveaux. Ils étaient déjà intégrés à la Déclaration de Politique Régionale pour la Wallonie.

Dans la continuité, la Commission spéciale chargée d’évaluer la gestion de la crise sanitaire de la Covid-19 par la Wallonie rendait son rapport contenant pas moins de 236 recommandations, dont deux chapitres dédiés aux institutions d’hébergements de longue durée pour personnes âgées. 

En conclusion, la question du vieillissement constitue un défi majeur qui doit mobiliser l’ensemble des acteurs publics, scientifiques, sanitaires, politiques, économiques et industriels, tout en recentrant le processus sur l’acteur clé, à savoir la personne vieillissante elle-même.

Un groupe de travail (GT) parlementaire qui  focalise ses travaux sur la question de l’habitat et du bien-vieillir « chez soi ».

C’est dans la continuité de la commission parlementaire COVID que s’inscrit ce groupe de travail parlementaire. L’intérêt est ici de focaliser les travaux sur la question de l’habitat et du bien-vieillir « chez soi ». Ce concept d’habitat est entendu au sens anthropologique, à savoir qu’il comprend le logement et son environnement physique et humain.
Se sentir « chez soi ».
L’idée que peu importe l’avancée en âge (et le niveau de dépendance), il est primordial de pouvoir habiter quelque part et se sentir « chez soi ». Cela fait partie des besoins absolument fondamentaux de l’être humain. Nous devons donc pouvoir continuer de satisfaire celui-ci, quel que soit le lieu où la personne âgée habite.
Une communauté hétérogène.
Le fait que les seniors ne sont pas une communauté homogène. La caractéristique même du vieillissement est l’hétérogénéité. L’âge n’est pas un critère homogène.  Les besoins d’une personne de 60 ans en perte d’autonomie suite à une maladie ne sont pas les mêmes qu’une personne de 80 ans capable de courir un marathon. Cette hétérogénéité est liée aux choix de vie que nous faisons (ex : la profession, les activités de loisirs, nos modes de consommation, etc.)  et qui nous différencient toujours plus les uns des autres. En matière d’habitat, cette hétérogénéité des individus signifie qu’il y a une hétérogénéité des besoins.
Diversifier l’offre.
En d’autres termes, cela signifie que ce n’est pas aux individus à devoir s’adapter à une offre uniforme qui serait la même pour tous, mais c’est à l’offre à se diversifier pour essayer de s’adapter autant que possible aux différents individus. Par exemple, il y a actuellement la mode de l’intergénérationnel comme si c’était universel et souhaité par tous les individus. Or toutes les personnes âgées ne veulent pas de l’intergénérationnel et pour d’autres, ce serait uniquement avec les enfants de la sphère intrafamiliale et pas au-delà.

Les recommandations du groupe de travail

Renforcer les outils de participation afin de mettre les seniors au cœur du processus de décision dans la politique des aînés en Wallonie.

Quand le cadre réglementaire sera mis en place, envisager une commission délibérative sur le bien vieillir en Wallonie pour avoir un plan pour les prochaines années.

Supprimer les freins en lien avec le statut de cohabitant afin de faciliter l’accompagnement au domicile ou dans la famille ou dans un habitat groupé
Créer un bail qui permet la collaboration intergénérationnelle comme l’asbl 1 toit 2 âges. Voir les possibilités d’élargir ce modèle à d’autres personnes que les étudiants (ex. habitat kangourou)
Renforcer l’approche pluridisciplinaire de la prise en charge du vieillissement (collaboration personnel de soins, aidants proches, aides ménagères, aides familiales, etc)
Territorialiser l’aide et le soin à domicile. Permettre aux différents acteurs autour du patient de se rencontrer, de collaborer, réseauter, pour permettre de respecter le projet de vie des personnes et l’amélioration de leur quotidien
Transposer de manière adaptée aux réalités wallonnes le modèle « zorgwonen » dans la législation wallonne
Envisager la création d’une grille d’évaluation à l’adaptabilité d’un logement comme cela existe pour le PEB. Reprendre la fiche de Get up Wallonia
Soutenir l’habitat solidaire (intergénérationnel, inclusif, kangourou,..). Labelliser ces habitats pour soutenir le deploiement et créer des partenariats entre le service public et le citoyen

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